Moderne sociali-tude

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Une nuit ensoleillée par la lourdeur d’une vie qui a unfollow la réalité pour laisser place à une nouvelle journée connectée, avec l’éternel questionnement : que vais-je bien pouvoir poster ? 

Une imagination devenue tremblante, 
Mais persistante de pouvoir dessiner dans l’air l’éclat d’un renouveau
À travers l’avarice des réseaux sociaux.

On clique et prétend aimer ce qui nous détache de l’absurde vérité, 
On publie des photos mensongères pour éloigner de la pensée collective que nous aussi on galère. 
On enregistre des images sans défauts 
Car à l’heure où l’espoir nous fait mourir, 
La recherche du nouveau nous permet de vivre.

On cherche à obtenir des millions de cœurs d’inconnus 
Pendant que le nôtre ne bat même plus.
On commente nos illusions en laissant la sincérité en « lu »,
On partage des débris de ce qu’on pense
Pour persister dans l’affirmation qu’on influence

Vas-tu télécharger la musique de ma souffrance ou t’abonner à l’écho de ma vie dont tu n’as aucune connaissance ? 

On copie et colle des messages amoureux du temps qu’on gagne mais dépressifs à la vue de notre situation qui stagne. 
On transfère des émotions fébriles et puériles en s’envoyant des « je t’aime » d’une tromperie inadmissible.
Notre génération s’éprend et s’associe à des sentiments charlatans en déviant de l’incroyable vrai et discret du chemin de nos parents. 

On admire l’un en détruisant l’autre, on accepte un alors qu’on aime l’autre. 
On réduit à néant la beauté de l’amour en s’envoyant des nudes vides mais regorgées d’envie. 
Le déshabillement d’un coeur pauvre dont le don de confiance est en dents de scie. 

On se déconnecte du réel en restant en ligne dans la mélancolie du virtuel. 
On sponsorise nos malheurs à travers des stories montrant notre formidable jeu d’acteurs. 
On snap le meilleur profil de notre tristesse, avec des filtres qui suintent l’inévitable détresse.
N’en déplaise aux abonnés de nous voir noyer notre identité dans leur redondant fil d’actualité.

On est trompé(e)s et assommé(e)s, terrifié(e)s de nous affronter, on préfère stalker pour justifier au lieu de réaliser pour accepter.
On s’appelle à l’aide sans mentionner à quel point la réalité nous blesse, à quel point les « bien et toi ? » regorgent de faiblesses
On erre sur des statuts, on vagabonde dans les rues – 
D’un explorer qui nous rend amoureux de cette obligation superflue.

Serait-ce la nouvelle preuve qu’on s’aime que de s’envoyer des memes
N’est-ce pas étouffant de se rendre compte que sur les réseaux la mode est que tout le monde se ment ?

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