Mowoki Tours – Voyage à Togoville

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Mowoki Tours – Voyage à Togoville

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En grande amoureuse de la découverte que je suis, j’ai été plus que réjouie quand l’équipe de Mowoki Tours m’a gentiment proposé d’explorer une partie de mon Togo. C’était donc au début sans le savoir que je me suis aventurée dans une des terres fondatrices de mon pays.

Loin de l’agitation de Lomé, dont on est pourtant si habitué, j’ai découvert une autre forme d’habitation tout aussi belle que celle dans laquelle nous nous plaisons.

La destination fût Togoville, qui m’a été présenté comme la première capitale du Togo.

J’ai eu la chance de visiter un petit village chaleureux regorgeant d’histoires et de monuments tout aussi merveilleux.

Laissez-moi donc à mon tour, vous faire voyager grâce à ces quelques lignes qui je l’espère, éloigneront vos pensées de près ou de loin de la routine tendre mais parfois accablante de notre cher Lomé.

Nous nous sommes rendus à Togoville en pirogue. Comme l’expression le dit si bien « plus de peur que de mal » ce trajet fût néanmoins si paisible et agréable que les 30 minutes passées à bord parurent tout sauf interminables. Nous avions eu le temps de tout apprécier, d’égarer notre curiosité là où bon nous semblait. Notre charmant guide – Esso – avait également eu l’occasion de nous présenter Togoville pendant le trajet et de nous raconter quelques anecdotes. Au fil des questions et de leurs réponses, nous avons appris que l’étymologie du nom Togo avait deux versions. La première version dit que Togo serait en réalité le diminutif de « Eto ago » = (eto qui veut dire montagne et ago qui veut dire versant/en bas en Éwé). Nous avons donc « Eto-ago » qui signifie en bas des montagnes. La deuxième version, quant à elle explique que Togo serait tiré de « togo do » qui voudrait dire « de l’autre côté de la rivière ».

En effet, Togoville, paraît perchée sur des montagnes qui elles-mêmes seraient de l’autre côté d’un lac.

À peine débarqués, nous avons été accueillis par un second guide, lui-même habitant de Togoville qui nous a fait visiter en premier le centre artisanal.  Une magnifique pièce remplie de bijoux faits dans des matières très belles mais également d’un métier à tisser qui était le seul de la région resté encore traditionnel.

À la sortie du centre artisanal, nous avons été introduits au premier monument historique de notre visite. Une statue représentant le Roi Mlapa III assit devant un allemand, Gustav Nachtigal, celui-ci écoutant attentivement le roi. Avant l’histoire qui illustre cette statue, le Togo était impliqué dans le commerce négrier, ce n’est qu’avec la colonisation qu’il a pu s’en détacher.

La statue du roi et de l’étranger n’est autre que la représentation de la négociation du protectorat allemand établi en 1884 qui donna suite au nom Togoville – Togolanderdorf en allemand.

C’est les yeux remplis d’admiration que j’écoutais notre second guide raconter la fameuse histoire de l’apparition de la Vierge Marie à Togoville. Frissonnante histoire d’un incroyable miracle qui ramena le pape Jean Paul II sur nos terres en 1985. C’est donc dans le sanctuaire Marial crée en 1910 et dédié bien évidemment à la Vierge que nos yeux brillaient le plus. Cette cathédrale qui était la 2e crée au Togo possédait de magnifiques vitraux. Ceux-ci représentaient la vie de Jésus et tout autour de nous nous pouvions voir les premiers saints africains : les Saints Martyrs de l’Ouganda.

Il était étonnant de voir que des gens se déplaçaient à Togoville uniquement pour venir dans ce lieu emblématique, l’apprendre ou le connaitre, le sentir et se soumettre, pour prier et laisser l’amour de la Vierge régler ses problèmes.

À côté du sanctuaire se trouve la barque qui a transporté l’eau où se trouvait la Vierge Marie lors de son apparition. Cette barque a été recouverte de ciment afin de la préserver mais une partie a été laisser intacte pour prouver son authenticité.

Nous nous sommes ensuite dirigés vers le symbolique monument de la fraternité, en nous y rendant nous sommes passés par le marché de Togoville. Regorgeant de couleurs et d’odeurs j’avais en l’espace de quelques secondes eut l’impression d’être retournée à Lomé. Tout aussi plaisant, et attrayant le marché de Togoville a néanmoins une différence importante : le troc s’y effectue toujours. L’action d’échanger un bien et en contrepartie d’en recevoir un autre. Il est le 2e marché à garder cette pratique de toute l’Afrique de l’ouest. Il m’était intéressant de voir que quelque part encore l’argent n’était pas aussi important que la vie, tant que le vendeur pourra vivre de ce qu’on lui donne il continuera à vendre, cet état d’esprit n’a pas de prix.

Si vous décidez à votre tour de vous rendre à Togoville ne vous étonnez pas de constater que les croyances vaudous y sont encore très présentes. En effet, avant l’arrivée de la Bible et toutes autres formes de moyen de savoir général ou religieux, les statues vaudou étaient considérées comme des dieux. J’avais déjà écrit un petit article dessus publié sur ma page Instagram où j’expliquais que certains Africains considéraient que notre univers est réparti entre 3 forces : le spirituel, l’énergétique et le matériel. Les deux premières sont des forces invisibles liées au Créateur, le matériel qui est inférieur à l’invisible, est le support matériel de celui-ci. Les Africains ont donc longtemps créé des statues type vaudou afin de les vénérer comme étant des forces terrestres capables de répartir les énergies.

Ainsi, leur première raison d’être n’est pas le plaisir de l’œil, leur objectif profond est centré sur les cultes ancestraux et mystiques. C’est bien pour cela que notre guide m’a bien prévenue lorsque je tentais de prendre une de ces statues en photos que si jamais la divinité ne voulait pas être photographiée mon écran n’afficherait que du noir.

Ces croyances sont restées ancrer dans la culture de Togoville car ces dieux étaient là au tout début, ils estiment donc qu’ils ne peuvent par leur faire dos. De plus, 50% de la population du village est animiste ce qui veut dire que les habitants de Togoville croient en un esprit et attribue donc une âme analogue à celle humaine à des objets. Dans le cas de Togoville c’est la croyance aux vaudous. 

Nous avons également remarqué que dans ses exigences religieuses, Togoville n’héberge aucun musulman à cause des écarts de tolérance alimentaire qui existent entre eux et le reste des habitants du village.

Arrivés devant le légendaire monument de la fraternité, nous avons pu nous poser et écouter le guide nous faire voyager au temps où le talentueux Paul Ahyi assembla toute une histoire avec ses mains et créa une grande mémoire pour le lendemain. C’était donc en 1984, pour fêter le centenaire de l’arrivée des allemands sur les terres de Togoville, que cette statue a été créée afin de marquer, symboliser un temps fort tout en beauté.

Cette grande statue représente l’amitié germano- togolaise qui aujourd’hui a 135 ans, cette même amitié qui a survécu lors de la tutelle française et continue de perdurer au fil des siècles.

Ce monument représente deux femmes, une togolaise et une allemande, qu’on distingue de part de leurs habits et morphologies. Les différences les plus frappantes ont été pour moi les différences physiques. En effet, l’allemande avait des traits plus fins remarquables au niveau du nez que la togolaise dont le nez était considérablement plus épaté. Ensuite, la togolaise est vêtu d’un drap/tissu/pagne qui laisse apparaître son sein gauche, on peut dire que cette dernière observation a confirmé la première.

Le prochain point de notre visite a été deux énormes arbres qui semblaient être tout ce qu’il y’a de plus normal dans un village mais qui cachaient en réalité toute une histoire. À première vue, ces arbres paraissaient ne faire qu’un, d’où leur nom d’« arbres jumeaux ». Ils étaient enlacés, enroulés l’un autour de l’autre ce qui les rendaient sûrement aussi beaux. Notre guide nous apprit donc que ces arbres formaient un couple. L’arbre femelle et l’arbre mâle. Mais ce n’est pas tout, des oiseaux nichaient dans seulement un seul des deux et c’était dans l’arbre femelle. Cet arbre représentait pour les oiseaux un habitat plus sûr, sécurisé et plus protecteur que le mâle. C’était donc avec admiration qu’on remarquait une multitude de nids sur le même côté. Le #GirlPower s’étendait bien plus loin que je l’aurai imaginé.

Mais ces arbres jumeaux avaient une autre particularité, ils étaient également un lieu de culte. Lorsque des jumeaux naissaient à Togoville ils étaient apportés au pied de ces gigantesques arbres. Étant vus comme une manifestation divine, une cérémonie leur étaient dédié afin de les bénir et d’annoncer les préceptes qui dicteraient leurs vies.

Alors que notre visite touche à sa fin mon article aussi. L’histoire de Togoville est une des plus belles histoires de mon pays jamais écoutée. En commençant par les ancêtres qui furent guider par le Dieu du tonnerre coexistant à l’époque avec ceux de l’eau et des serpents. Passant par la venue des allemands, des fortes croyances et de l’harmonie régnant dans ce village, sans oublier les diverses anecdotes et monument symbolisant la richesse culturelle de Togoville. J’espère avoir rempli ma mission et vous avoir fait voyager sans quitter votre maison, j’aurai atteint le but ultime si après la lecture de ces lignes vous contactiez Mowoki Tours pour vivre non plus à travers mon écriture, cette formidable aventure.

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Cet article a 2 commentaires

  1. Jeremies

    C’était un réel plaisir d’organiser ce voyage avec toi. Nous avons adoré te faire découvrir Togoville. Merci beaucoup pour le clin d’œil

    1. Vanessa JM

      Merci beaucoup à vous car sans vous rien de tout ça n’existerait.

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